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050602 Riz et riziculture

Le riz est une céréale à développement aquatique d'une importance majeure car il nourrit plus du tiers de l'humanité et procure du travail à des millions d'hommes et de femmes. Sa culture est exigeante tant en ce qui concerne l'approvisionnement en eau, les températures, la lutte contre les parasites et la gestion de ces zones humides particulières que sont les rizières. A l'issue de l'année 2004, « année internationale du riz » nombre de spécialistes et d'observateurs se sont penchés sur ces « agroécosystèmes », en ont retracé l'évolution et ont tenté de mieux en cerner l'état des lieux et les tendances pour le moyen terme, notamment en terme d'échanges internationaux.

Oryza sativa, est une céréale dérivant d'espèces sauvages d'extrême orient cultivée pour ses graines comestibles depuis des millénaires. C'est une graminée qui peut dépasser 1,5 m de hauteur. La terminaison de sa tige en panicule ramifiée, peut comprendre plus d'une centaine de graines, chacune contenue dans une enveloppe ligneuse appelée « glume ». Il existe plus de 2000 variétés de riz, exploitées sous divers régimes hydriques. Il existe des riz pouvant pousser au sec, en zone humide, au niveau de la mer, dans les deltas ou en altitude.

La culture pluviale où la plante ne reçoit que les seules précipitations est la moins répandue. Ses rendements sont souvent très faibles. Pratiquée au Brésil, Madagascar, Inde, Asie du Sud-Est, surtout en rives de fleuves, au retrait des eaux à la saison des pluies. La plus ancienne est la culture inondée , pratiquée dans les zones à inondation naturelle pendant une partie du cycle cultural. Le riz inondé de bas-fond (Afrique et Madagascar) est cultivé en champs bordés de petites digues pouvant retenir une hauteur d'eau d'environ 1m. Ces rizières non irriguées sont alimentées par pluie ou ruissellement et par le transfert gravitaire d'une parcelle à l'autre. Ce mode cultural est vulnérable à la sécheresse ou aux inondations soudaines. Il contribue pour 17% à la production mondiale . Mais la plus courante est la culture irriguée permettant une meilleure maîtrise des mises en eau et des assecs. Le riz de ces rizières doit être inondé en début de période de végétation. Les plants issus de semis produits sur de petites surfaces inondées sont repiqués en rizière dont l'eau est évacuée à la formation des épis. La maturation a lieu sur terrain sec, suivie de la moisson généralement manuelle dans les pays du sud et effectuée à l'aide d'engins de type moissonneuse dans les pays développés. Le riz d'irrigation représente 75% de la production mondiale.

On estime que la riziculture est apparue en Chine il y a environ 10 000 ans, s'est étendue en Asie avant de gagner la Mésopotamie et d'être propagée par les Arabes en Egypte, Afrique orientale et Méditerranée. La culture du riz est pratiquée depuis longtemps dans certaines plaines alluviales d'Espagne (Albufera XIIIè siècle, Guadalquivir…) et d'Italie (Delta du Pô..) Les tentatives d'implantation du riz en Camargue apparaissent vers le XVè siècle. Elles visent surtout à déssaler les sols pour y installer d'autres cultures et ce n'est que devant les difficultés d'acheminement du riz de ses colonies au cours du dernier conflit mondial, que la France a envisagé une production d'autosuffisance nationale en Camargue, objectif étant atteint grâce aux moyens modernes mis en œuvre.

L'usinage consiste en une suite d'opérations visant à adapter les grains à la demande.

On distingue le riz paddy ou riz brut de récolte, possédant encore ses glumes ou balles. Il est appelé riz décortiqué ou brun ou encore riz cargo, lorsqu'il en est débarrassé. Au stade suivant, après avoir enlevé les couches de son et de germe, on obtient le riz blanc , qui peut devenir le riz poli, par brossage, et glacé, par enrobage de talc et glucose. Ces opérations d'usinage effectuées pour répondre aux exigences de la demande affectent les qualités nutritives du riz. Afin d'éviter cet inconvénient le riz peut être étuvé avant l'usinage. Toutes ces opérations utilisent une abondante main-d'œuvre.

Intérêt nutritionnel. Céréale à forte productivité, le riz est consommé le plus souvent sous forme de grains, mais aussi de farine, galette, pâte de riz, nouilles ou riz soufflé. Riche en glucides protides, sa valeur nutritive est élevée, bien que pauvre en lipides. Il contient de nombreux sels minéraux. Il est utilisé dans la chimie et sert à fabriquer de l'alcool (dont le réputé saké) et pratiquement toutes ses composantes sont utilisées : les glumes comme combustible, la paille et les brisures, voire le paddy pour les animaux et la cendre comme engrais.

Les rizières sont souvent peuplées d'une grande variété d'organismes aquatiques ou terrestres, offrant une importante biodiversité, étendue par les ajouts de l'homme : plantes cultivées, animaux domestiques et aquaculture. Certaines espèces de poissons, introduites artificiellement peuvent favoriser les activités de pêche, très importante pour les populations pauvres qui peuvent en tirer des ressources d'appoint. L'élevage de bovins, ovins et caprins y participent et fournissent aussi des déchets recyclables en engrais organiques.

Le Marché du riz

Les pays qui produisent le plus sont aussi, pour la plupart, ceux qui consomment le plus. Ce constat explique en grande partie la faiblesse des échanges internationaux, qui ont plafonné pendant longtemps autour de 5%. Cette tendance se modifie sous l'effet de nouvelles règles du Commerce Mondial. Les échanges se développent actuellement, au bénéfice des consommateurs urbains des pays importateurs mais au détriment des petits agriculteurs des pays producteurs qui ne disposent pas de mesures de maintien de revenu, contrairement à ceux des pays développés. Alors que les pays en développement auront à relever le défi d'aider leurs petits agriculteurs, ceux des pays développés devront concilier importations à bas prix et conservation des avantages liés à leur propre système de production.

Riz et biodiversité

La volonté d'augmenter les rendements dans les années 60, pour répondre à l'accroissement de la demande dans certains pays du sud, s'est appuyée sur de nouvelles techniques, de nouvelles variétés à haut rendement, susceptibles de mieux contribuer à la lutte contre la faim. De fait, ces améliorations, relayées par l'emploi de pesticides et d'engrais chimiques à grande échelle, ont permis d'obtenir des résultats spectaculaires marqués par un doublement voire un triplement des récoltes dans les zones les plus favorables. Ainsi, la production de riz paddy a régulièrement augmenté entre 1970 et 1985. Mais ces hauts rendements connaissent un plafonnement dû à l'épuisement des sols et à la surexploitation de la ressource en eau. De plus, certains experts signalent que cette riziculture entraîne des apports d'engrais accrus de 40% pour produire la même quantité de riz qu'il y a vingt ans. Selon leurs observations, les produits chimiques utilisés ont un impact sur l'environnement mais aussi sur la santé des riziculteurs (déjà en proie au fléau du paludisme en particulier en Afrique).

A ces inconvénients s'ajoutent les inégalités sociales entre petits et grands propriétaires, les premiers devant parfois vendre leur terre aux seconds afin de résorber leur endettement, causé par la nécessité de dépenses sans cesse plus élevées (coût des semences et des systèmes d'irrigation, notamment)

Tendances et perspectives

Dire que le riz fournit la nourriture de base du tiers de l'humanité (la moitié selon certaines sources) suffirait à comprendre la valeur qu'il représente, mais la richesse de ces zones humides artificielles, conduit à en apprécier aussi la valeur en terme de biodiversité et même au plan culturel. Les mesures de protection adoptées, concernant certains sites en tant qu'éléments du patrimoine de l'humanité ou simplement pour protéger leur biodiversité, en témoignent.

Une gestion avisée de ces milieux, (notamment de l'utilisation de l'eau, dont ils sont grands consommateurs) et des intrants , soutenue par une recherche de variétés favorisant le maintien d'une riziculture équitable est une nécessité de plus en plus reconnue.

La stagnation des rendement, la baisse des cours et partant, du revenu des petits producteurs, aggravé par l'influence grandissante des multinationales sur les semences, les apports chimiques et les échanges internationaux doivent entraîner une large prise de conscience sur les mesures à prendre pour que la culture du riz et la biodiversité des rizières puissent continuer de répondre aux besoins d'une humanité qui poursuit son expansion.

Site de référence pour cette page : FAO, documents de l'Année Internationale du Riz

                                                   FAO, base de données schémas et photographies