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| Le Mékong | ||
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Le fleuve : • Pays bordés ou traversés : Chine, Birmanie (Myanmar), Laos, Thaïlande, Cambodge, Vietnam |
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Vue du marché flottant de Can Tho, capitale du Delta
© Vue du Delta du Mekong de QT Luong. Voir autres photos du Delta sur le site : http://WWW.terragaleria.com |
Le Mékong prend sa source au Tibet (où naissent les 6 grands fleuves d'Asie), à plus de 5 000 m d'altitude, traverse la Chine sur environ 2 000 km, avant de former une frontière de près de 200 km entre Birmanie et Laos, traverse ce dernier à l'Est puis forme une autre frontière entre le Laos et la Thaïlande. Le "Grand Fleuve" traverse ensuite le Cambodge sur une longueur d'environ 500 km, dont la "plaine des 4 bras" (Mékong supérieur, Mékong inférieur, exutoire -en amont de Pnom Pen- du lac de Tonlé Sap (Grand Lac) et Bassa. Le lac, dont la superficie du plan d'eau peut être supérieure à 10 000 km² pendant la saison des pluies, alors qu'elle n'est que de 2 500 km² en hiver, peut ainsi jouer un rôle régulateur important pour le fleuve qui irrigue ensuite la plaine des joncs au Vietnam, avant de prendre le nom de fleuve des 9 dragons, allusion aux 9 branches par lesquelles ses eaux limoneuses se déversent en Mer de Chine, après avoir fertilisé le delta.
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| Cette carte montre l'étendue du Bassin versant (gris), l'hydrographie (en bleu) et les sites Ramsar. Les zones humides sont coloriées en violet. (source: Water Ressources eAtlas de l'UICN : http://www.iucn.org/themes/wani/eatlas) | |
Le Delta : Il est limité au Nord par le Cambodge, à l'Est par la Mer de Chine où se déverse l'essentiel des eaux limoneuses du Mékong et à l'Ouest par le Golfe de Thaïlande. Il présente un littoral de 350 km à l'Est, soumis à deux marées par jour et de 400 km à l'Ouest, soumis à une marée par jour. En saison sèche, les intrusions marines s'étendent sur 5 000 km² et les remontées par les bras du fleuves peuvent atteindre 60 km vers l'amont, ce qui justifie les efforts faits pour limiter la salinisation par des digues ou ouvrages adaptés. Cette immense plaine deltaïque d'environ 40 000 km² (plus de 20 fois plus étendue que celle du Rhône), régulièrement fertilisée par les apports limoneux du fleuve, est parcourue par un réseau dense de canaux. Comme sur les bras du fleuve, il y navigue une multitude d'embarcations qui assurent en grande partie les transports de passagers -le delta compte près de 18 millions d'habitants- et de marchandises. La production du delta est ainsi acheminée vers les villes et marchés où se vendent les produits dont la diversité et l'abondance valent au delta du Mékong considéré comme le "grenier à riz du Vietnam". |
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Le climat du delta est de type tropical avec des températures moyennes avoisinant les 26°, à faibles écarts et avec des précipitations annuelles comprises entre 3 000 et 1 000 mm/m², respectivement d'Ouest en Est. La grande majorité de ces précipitations se déverse en été, sous l'influence de la Mousson. La "saison des pluies" peut ainsi occasionner l'inondation par débordement du Mékong, sur la moitié de la superficie du delta. Le Mékong et les pluies constituent les seuls apports d'eau douce, inégalement répartis sur l'ensemble deltaïque, ce qui n'est pas sans conséquences sur les milieux et les cultures. |
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Pour voir les provinces du delta, survoler la carte avec le pointeur de la souris. |
Agriculture : Les surfaces cultivées occupaient en 1995 plus des 2/3 de l'ensemble du delta, très largement consacrées à la riziculture, avec des modes culturaux liés aux types de sol et de mises en eau, en distinguant les zones :
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L'amélioration des rendements a hissé le delta au rang de première région productrice rizicole du Vietnam, pays devenu l'un des premiers exportateurs mondiaux. La culture maraîchère est également pratiquée et les vergers produisent une grande variété de fruits, parmi lesquels bananes, goyaves, pommes, agrumes (dont la culture, plus rémunératrice, s'est largement développée), auxquels s'ajoutent les cultures d'ananas et de canne à sucre. Au cours des dernières décennies, la production de fruits et légumes a plus que doublé. Dans le même temps, les production animales (porcs, bovins, poulets, canards..) et aquacoles ont connu une forte croissance. |
Peu mécanisée, l'agriculture fait encore largement appel à la traction animale. |

La part considérable prise par l'agriculture, en particulier la riziculture, ainsi que plus récemment le développement de la crevetticulture, ont sensiblement modifié le paysage en faisant du delta une immense zone humide « artificielle », dominée par les étendues de rizières et différents paysages agricoles. La « bonification » des zones marécageuses, la disparition des forêts tropicales humides, le recul des zones de mangroves et des forêts de melaleuca conjugués aux effets des insecticides et autres agents chimiques ne sont pas sans répercussions sur la biodiversité du delta. Malgré cela, l'intérêt écologique du bas Mékong demeure élevé.
Les mangroves ou forêts à palétuviers ont généralement, concernant leurs principaux genres, cet ordonnancement : Avicennia, Bruguiera, Rhysophora et Nypa, observé à partir du niveau de la mer, selon un faible gradient topographique. Ces milieux comptent une trentaine d'espèces présentant un intérêt économique et sont d'une grande importance écologique. Les forêts à Melaleuca, arbre de la famille des Myrthacées, surtout représentées par Melaleuca leucadendron, d'où est extraite l'huile de cajuputii, (à qui l'on prête de nombreuses vertus médicinales), s'installent sur sol devenus tourbeux où ils remplacent alors la mangrove. Celle-ci et les forêts à Melaleuca couvrent ensemble près de 3 000 km² et font l'objet de plans préservation et de replantation.
Parmi la faune inventoriée dans le delta, on compte 23 espèces de mammifères dont le macaque et la loutre, 36 espèces et sous-espèces d'oiseaux, 35 de reptiles, 6 d'amphibiens, de nombreuses espèces de mollusques et crustacés, 260 de poissons et 5 de dauphins. L'avifaune est représentée par 92 espèces aquatiques ainsi que d'autres, familières des zones humides. On y observe un grand nombre de cormorans, hérons, aigrettes, cigognes et ibis, qui nichent dans les forêts de mangrove et de melaleuca. Il semble cependant que cigognes et pélicans aient vu leurs effectifs diminuer, que certaines espèces soient devenues rares alors que d'autres, comme la Grue antigone soient de nouveau observées après une période de disparition.
Le varan, le python et plusieurs espèces de serpents d'eau, ainsi que tortues et crocodiles figurent parmi les reptiles recensés.
La protection des espèces et de leurs habitats a donné lieu à plusieurs initiatives, parmi lesquelles figure la création de la Réserve de la Biosphère de Can Giao. Cette zone dominée par la mangrove, d'une superficie de 75 0 km² est inscrite sur la liste des réserves de la biosphère du programme sur l'homme et la biosphère de l'UNESCO (MAB) en 2000. Elle s'étend du sud d' Ho Chi Minh ville à la mer.
Ses écosystèmes, quasiment détruits pendant le dernier conflit, figurent parmi les zones de réhabilitation de forêts de palétuviers les plus étendues au monde. Dotée d'une riche bio-diversité, elle est aujourd'hui considérée comme le poumon vert de la première ville industrielle du Vietnam. Parmi les espèces tolérantes à la salinité, on trouve Sonneratia alba, Avicennia alba, ainsi que Xylocarpus granatum, Kandelia candel et Rhizophora mucronata. Sonneratia casedis et Nypa fruticans représentatives d'espèces d'eau saumâtre, y sont observées et les terres agricoles sont occupées par la riziculture et les cocoteraies, entre autres productions.
La réserve et sa zone de transition comptent plus de plus de 100 000 habitants vivant d'agriculture, de pêche, d'aquiculture, ou encore de l'exploitation de la mangrove : coupes de bois, crabes, mollusques..
La mangrove de Ca Mau, à l'extrême sud du delta est l'une des plus étendues (1 500 km²) et des plus riches du monde pour sa biodiversité. Dégradée au cours du dernier conflit, mais aussi par les défrichages pour l'installation d'élevages de crevettes, il a été décidé de créer un parc national pour protéger le milieu naturel, en particulier les habitats d'oiseaux rares ou menacés. Cette initiative devrait contribuer à enrayer ces destructions.Il existe également plusieurs autres zones de superficies variables liées à la protection d'oiseaux d'eau ou à la restauration de milieux forestiers.
La culture du riz occupe environ la moitié de la superficie du delta et demeure sa principale ressource. L'amélioration des semences, les aménagements hydrauliques, les efforts en recherche-formation ainsi que de nouvelles mises en culture ont permis de quasiment doubler sa production au cours des deux dernières décennies, entraînant le Vietnam parmi les premiers producteurs mondiaux. La diversification agricole, par la création de vergers, la culture d'ananas et de la canne à sucre s'avère plus rentable que la riziculture ce qui tend à stimuler leur développement, parfois au détriment d'aires rizicoles.
L'exploitation des forêts, dont la superficie a sensiblement reculé au cours des 20 dernières années (env. -20%), en ce qui concerne les mangroves et les Melaleuca, au profit du riz et de la crevetticulture, génèrent des bénéfices appréciables, ce qui entraîne une surexploitation dommageable, d'où la nécessité des campagnes de replantation et de projets d'exploitation durable entrepris.
L'élevage de porcs et de volailles (actuellement touchées par la grippe aviaire) est majoritairement familial et ne compte encore que peu d'élevages industriels ou semi industriels. L'élevage ne représente qu'une faible part ( env.11 % en 1995) de la production primaire du delta. L'aquaculture et la pêche y ont pris une place plus importante (16%), notamment du fait des élevages de crevettes Penaeus monodon, et du poisson-chat Pangasius dont les chercheurs de différents organismes, dont le CIRAD ont mis au point des techniques performantes d'élevage en captivité et d'accroissement de productivité. Mais, ces élevages peuvent se heurter à des contraintes environnementales et sanitaires qui mobilisent de nombreux organismes nationaux ou internationaux afin de concilier ces productions rémunératrices avec la préservation de milieux à haute valeur écologique. Le delta compte également des salines artisanales et des exploitations minières qui génèrent de modestes revenus.
L'industrie concerne surtout l'agro-alimentaire, particulièrement le conditionnement des produits de l'agriculture, et de la crevetticulture, mais compte aussi des unités de production de matériaux de gros œuvre du bâtiment. La production industrielle représentait en 1995 env. 20% de la production totale du delta. Les échanges sont soutenus par un commerce actif, en forte croissance, avec des valeurs de produits exportés supérieurs de 50% à celles importées.
Les marchandises transitent encore majoritairement par voie fluviale mais le transport maritime est en développement, autorisant des chargements plus lourds et encombrants.
Can Tho, première ville du delta, qui compte plus d'un million d'habitants, a accueil 1,2 million de visiteurs, investit dans le développement d'infrastructures de transports et d'accueil en s'inscrivant dans une perspective eco-touristique et ce programme doit se déployer jusqu'en 2010. Au sud du delta, la province de Ca Mau, forte d'un patrimoine naturel diversifié (estuaires, forêts de mangroves et de melaleuca, richesses faunistique et floristique) et de l'attrait de ses paysages, s'efforce de valoriser ses atouts et de mettre en place un plan d'aménagement ambitieux concernant aussi bien l'extension du réseau routier que de zones à vocation éco-touristiques.
Malgré les progrès et l'augmentation du PIB par habitant, le delta est encore considéré comme une région de pauvreté. La volonté des décideurs de la moderniser et de l'inscrire dans une démarche de développement durable devrait lui permettre de bénéficier du bond en avant que prédisent les experts et l'écotourisme pourrait y contribuer.
Le Mékong, fleuve international, fait l'objet de projets d'aménagements pour servir le développement des états de son bassin versant. Ils consistent surtout en ponts, autoroutes, mises en navigabilité, barrages hydroélectriques…Les institutions comme la Commission du Mekong, comprenant le Cambodge, le Laos, le Vietnam et la Thaïlande, souhaitent faire du fleuve un trait d'union favorisant échanges et prospérité.
L'ampleur des travaux envisagés suscite pourtant des inquiétudes croissantes quant à leurs possibles répercussions sur la ressource halieutique, la modification du régime du fleuve et son incidence sur la raréfaction de la ressource ou sur les inondations dans le delta, qui déjà s'avèrent régulièrement meurtrières et causent de très importants dégâts. Les craintes portent également sur l'irruption d'eaux salées et la disparition d'espèces rares. Les ecologistes multiplient les mises en garde et préconisent l'élaboration préalable d'un cadre juridique et de stratégies financières pour la mise en place de mesures de protection. Les experts ont selectionné une liste de zones humides devant faire l'objet d'une inscription à l'inventaire Ramsar, dont la convention relative aux zones humides d'importance internationale a été signée par le Vietnam en 1989. Le faible nombre de sites inscrits à l'inventaire Ramsar pourrait ainsi être sensiblement augmenté et contribuer à la mise en place de mesures de protection adaptées pour faire face aux menaces qui pèsent sur les ecosystèmes du delta.
Liens utiles |
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| IRD, le milieu bio-physique du delta du Mekong |
Galerie de Photographies de Quang-Tuan Luong : des prises de vues des quatre coins du monde et notamment du Delta du Mékong, dont l'une figurant sur cette page. |
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| UNEP-WCMC Carte des aires protégées du Vietnam | |||
Conservation de la biodiversité du Mekong et programme d'utilisation durable Centre pour la conservation de la biodiversité en Asie du Sud-Est |
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| Vergers du Mekong , Vietnam, Pays d'Eau | |||
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Remerciements à celles et ceux qui ont contribué à la réalisation de cette page |
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Enfants du Mékong - Organisation humanitaire qui vient en aide aux enfants d'Asie, depuis 1958. Aujourd'hui, elle soutient plus de 60 000 enfants |
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