Mississippi - Missouri
    

Sommaire :
    - le Bassin Mississippi-Missouri
    - Delta
    - Enjeux
    - les Liens

Données :

• Pays traversés : USA
• Longueur : 3 780 km
  + Missouri : 5 970 km
• Bassin versant : 3 290 000   km²
• Source : USA
• Débit moyen : 18 400 m3/s
• Zones Humides :
  environ 650 000 km²
• Delta environ 32 500 km² (partie sud de Bâton Rouge)


Le bassin du Mississippi et du Missouri

Il draine les 2/5 èmes des Etats-Unis, soit 3,2 millions de km², ce qui en fait le plus étendu des Etats-Unis.

La source du Mississippi se situe dans le lac Itasca, à l'aval duquel il traverse un complexe de lacs, marais et tourbières. Il reçoit plusieurs affluents avant d'atteindre Minneapolis et de capter les rivières Minnesota et Wisconsin où il devient frontière entre les états de l'Iowa et l'Illinois puis entre l'Illinois et le Missouri. Il est ensuite rejoint par d'autres cours d'eau, dont l'Illinois il établit sa jonction avec le Missouri, grossi par la fonte des neiges et par les considérables volumes de produits d'érosion qu'il charrie.

Le Missouri se forme dans les Rocheuses, au Montana. Il reçoit plusieurs affluents, dont la rivière Yellowstone qui draine le parc national du même nom, connu pour ses geysers et sa faune, qui comprend ours et bisons.

Le Missouri gagne ensuite le Dakota. Il collecte de nouveaux affluents et alimente plusieurs lacs, avant de devenir frontière entre Dakota du sud et Nebraska puis entre ce dernier et l'Iowa et plus en aval, entre le Kansas et le Missouri.Après Kansas city où il est rejoint par la Kansas, il atteint Saint Louis et le Mississippi, auquel il cède ses eaux.
Le débit du Mississippi est d'environ 6000 m3 à Cairo, où il capte l'Ohio, au débit très constraté. Dans son cours inférieur, le fleuve aborde une immense plaine alluviale où ses méandres serpentent. Il capte alors les eaux de l'Arkansas et de la Red River. Au cours de ce périple, la largeur du fleuve diminue de moitié alors qu'il gagne près du double en profondeur.
A l'approche du delta, le fleuve est bordé de bras morts, formant des voies d'eau et marécages, appelés bayous, reliés au fleuve ou à ses affluents ou encore, directement au golfe du Mexique.

     
   
©ALTITUDE/Yann Arthus-Bertrand

Cabanes isolées, entre Venice et Grande Isle ©ALTITUDE/Yann Arthus-Bertrand : http://www.yannarthusbertrand.org

  
  © Carte du Water Ressources eAtlas de l'UICN :
http://www.iucn.org/themes/wani/eatlas/


Le Delta

A partir de Bâton rouge, entrée du delta, les berges du fleuve se surélèvent. Il traverse l'immense plaine fertile d' environ 32 500 km² formée de ses considérables dépôts alluvionnaires, estimés à plus de 300 millions de tonnes/an.

Un large plateau continental à faible pente et des marées à amplitude modérée favorisent l'extension du delta, qui compte de nombreux bras. La formation du delta résulte de la constitution successive de plusieurs lobes dont chacun correspond à un changement de lit du Mississippi. Le lobe le plus récent est celui qui connaît une progression en « patte d'oiseau », ce qui le rend facilement identifiable sur les cartes et images de satellites. Quatre de ses bras, les plus importants se séparent à Pilottown. Ils permettent l'accès des navires, rendu toutefois difficile, du fait de la barre sableuse qui se forme à leur embouchure.

Le climat chaud et humide du delta favorise une végétation marécageuse abondante, en partie forestière, où se distinguent notamment les cyprès chauves, arbres de grande taille, adaptés à ce milieu deltaïque dont le système racinaire n'est pas sans rappeler celui des mangroves et dont les lanières de lichen qui pendent de ses branches le rendent très reconnaissable.

Le delta présente des milieux favorables aux alligators du Mississippi (Alligator mississippiensis ), dont le nombre est en augmentation, depuis qu'ils bénéficient de mesures de protection, aux oies des neiges, présentes par milliers en hiver, ainsi qu'aux les oiseaux migrateurs de la Baie d'Hudson. De nombreux oiseaux comme les aigrettes foulques et pélicans (pelicanus occidentalis) -ces derniers sont visibles dans le National Wildlife Refuge situé au sud de Venice- et deux espèces d'Ibis, sont présentes dans les bayous ainsi qu'un grand pic , réapparu dans les zones forestières. Les marais sont peuplés de grenouilles-taureau (Rana catesbeiana) et de tortues-alligator (Macrochelys temmincki ). Les côtes du delta accueillent les tortues marines qui viennent y déposer leurs pontes, contribuant à la richesse faunistique de la région.


animation réalisée d'après P.A Bourque Université de Laval Canada

 

 

La Patte d'oiseau, vue Landsat (RESMAP)

 



liens
:

Carte topographique détaillée du delta

Carte géologique généralisée de la Louisiane

Carte interactive de Louisiane (Anglais)

Les Bassins côtiers de Louisiane

Le Delta (vue Landsat)

Les oiseaux de la région de la Nouvelle-Orléans (Anglais)

Causes des inondations de Louisiane   (Audio)

Atlas de l'impact de l'ouragan Katrina en Louisiane  (Anglais)

Vues satellites de l'impact de Katrina

Reconstitution des zones humides des côtes de Louisiane

Solidarité Louisiane

 

 

 

Enjeux-Evolution

Le Mississippi, artère majeure du pays, exploité pour la production d'électricité, l'irrigation agricole et les transports de gros tonnages, joue un grand rôle économique. En contrepartie, il a fait l'objet d'endiguements, betonnages, dragages et pollutions de toutes sortes qui portent de graves atteintes aux milieux naturels, en particulier dans le delta où, selon certains auteurs des répercussions sérieuses sur la santé des habitants de la Nouvelle Orléans seraient apparues depuis quelques décennies.

L'une des inquiétudes majeures concernant cette région est liée à la perte de zones humides, estimée à 5 000 km² en un demi-siècle sur les côtes de Louisiane, dont une grande part dans le delta. Les causes en sont imputées aux nombreuses exploitations gazières et pétrolières du golfe du Mexique qui nécessitent de gigantesques travaux de dragage, ainsi qu'à l'endiguement des cours d'eau car il prive les marais des alluvions du Mississippi qui se dispersent directement dans les profondeurs du golfe du Mexique.

Ces endiguements sont un facteur aggravant pour les côtes de Louisiane soumises aux ouragans car également privés d'eau douce, les sols s'assèchent et leur salinité augmente. De ce fait, leur couvert végétal dépérit, ce qui accroît leur érosion et diminue le rôle protecteur des marais. Ce processus a favorisé l'enfoncement progressif de la Nouvelle Orléans, devenue en grande partie une cuvette plus basse que le niveau de la mer, exposée à des inondations graves et prolongées, en cas de marée de tempête importante ou exceptionnelle, comme celle qui a accompagné l'ouragan Katrina.

On peut penser que les travaux de renforcement des digues préconisés par certains experts auraient permis d'éviter la catastrophe du 28 Août 2005, si coûteuse en vies humaines, détresses sociales et pertes économiques.

La remise en état de la Nouvelle Orleans, du delta et des côtes de Louisiane se met en place difficilement car la pertinence et les coûts des travaux de réhabilitation et des nécessaires mesures de protection font l'objet d'âpres débats. Il est souhaitable, pour les habitants de la Nouvelle Orléans, mais aussi de Grand Isle, de Venice, de Pilottown, et de toutes les localités sinistrées, qu'ils débouchent sur des solutions satisfaisantes prenant en compte la restauration des zones humides et des îles-barrière afin de rétablir leur rôle protecteur.

 

Remerciements à celles et ceux qui ont contribué à la réalisation de cette page
           
dernière mise à jour 15 septembre, 2006