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ZHW - Zones Humides - Humedales - Wetlands -               Embouchures estuaires deltas

Embouchures estuaires deltas

L'embouchure d'un cours d'eau est une ouverture de la côte par laquelle il se déverse en mer avec sa charge de matières en suspension.

Lorsque ce déversement est contrarié par l'action de la mer (effets de la marée, de la houle et des courants), les sédiments sont déplacés ou dispersés. Dans les cas où cette action est nettement dominante, l'embouchure peut prendre la forme d'un estuaire, lieu de contact entre eaux douces et eaux salées. Les influences marines peuvent alors se répercuter assez loin dans le fleuve, comme l'illustre le train de vagues nommé mascaret, qui remonte le cours sur plusieurs dizaines de kilomètres lors de grandes marées.

A l'inverse, si la mer ne peut s'opposer aux déversements d'alluvions transportées par le cours d'eau, une phase de construction deltaïque commence, durant laquelle les matériaux se déposent et s'agglomèrent.  

Les estuaires. La plupart des estuaires actuels datent de la dernière fonte glaciaire due à un réchauffement climatique. Les vallées côtières ont alors été envahies par les eaux, d'où le nom d' « estuaires de vallées immergées », qui leur est parfois donné. Parmi d'autres types d'estuaires, il figurent les estuaires lagunaires où les échanges avec la mer sont d'autant plus restreints qu'une barre formée par les courants, tend à isoler les eaux douces.

Les estuaires sont le cadre d'échanges complexes, rythmés par les marées et où le taux de salinité connaît de sensibles variations. Le nombre d'espèces animales adaptées à ces variations est assez limité. Sur les milliers d'espèces connues dans ces milieux, seulement une centaine sont typiques des estuaires. Pourtant, la production de ces écosystèmes est des plus élevées, du fait de l'abondance des nutriments et de la bonne oxygénation de l'eau.

Les estuaires sont exploités pour la pêche, la conchyliculture, l'aquaculture, la chasse et diverses autres activités, notamment touristiques, industrielles et portuaires. En effet, leur dimension parfois considérable peut présenter l'aspect d'une mer intérieure, où se déversent d'énormes quantités de sédiments erratiques, évaluées en millions de tonnes/an, qui rendent la navigation difficile et exigent de constants dragages pour maintenir les liaison mer/port. Leurs eaux généreuses et leurs berges marécageuses accueillent les poissons migrateurs, esturgeons et anguilles, aloses, lamproies, poissons de mer et crevettes, favorisant leur reproduction, tandis que les oiseaux d'eau fréquentent les zones humides périphériques. Dans les zones inter-tropicales, les mangroves occupent souvent les berges des estuaires et sont aussi présentes dans les deltas, où leur recouvrement peut être très important.

Les deltas. La formation des deltas actuels a commencé il y a plusieurs milliers d'années et peut se poursuivre s'ils sont encore actifs et si les sédiments s'y accumulent plus vite qu'ils ne se dispersent, ce qui est souvent le cas des fleuves au cours inférieur à faible pente. Entre les configurations opposées que présentent deltas et estuaires, il existe des formes moins tranchées, liées au rapport d'influence mer/fleuve existant localement. Par commodité, les deltas peuvent être classés en types à :

 

Hommes et deltas Les vastes étendues deltaïques, dépourvues de reliefs, où l'eau de nappes affleure, sont en permanence menacées d'inondation, par les apports du bassin versant, les tempêtes et autres phénomènes météorologiques comme les pluies de mousson. Pourtant, ni les inondations, parfois catastrophiques, comme celles qui ont frappé le Bengladesh en Octobre 1988, recouvrant les ¾ du pays pendant près d'un mois et causant plusieurs milliers de victimes, et 25 000 sans-abri et des dommages matériels considérables, ni les maladies liées à l'insalubrité, ne découragent l'afflux de population. Les récentes inondations de l'été 2005, dues à l'ouragan Katrina, qui ont provoqué un nombre de victimes dépassant vraisemblablement le millier et des dégâts considérables sur les côtes de Louisiane et le delta du Mississippi, soulignent la vulnérabilité de ces milieux aux aléas climatiques et aux erreurs humaines. Les deltas reçoivent en grandes quantités les éléments nutritifs transportés par les cours d'eau. Leur grande fertilité permet de recenser, selon les sites et leur latitude, des productions comme la riziculture, le maraîchage, la saliculture, l'exploitation du bois de mangrove, la coupe des roseaux qui s'ajoutent aux activités traditionnelles de la pêche, de la récolte de crustacés, voire de la chasse et plus récemment le développement de l'aquaculture, et d'activités touristiques. Enfin, certaines industries nourrissent l'espoir de trouver d'importantes ressources pétrolières exploitables. Ces atouts attirent une population importante. A titre d'exemple, le Bengladesh compte 100 millions d'habitants dans le delta du Gange-Brahmapoutre , ce qui donne la mesure de la pression qui s'exerce sur les divers types d'embouchures.

En savoir plus :  
Sur les Deltas (Université d'Orsay, Laboratoire des Sciences de la Terre) Sur les Estuaires ( dossier Ifremer: grands estuaires français)
   

 


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