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ZHW - Zones Humides - Humedales - Wetlands -                                   La Baie de Somme

La Baie de Somme

Chalutier Baie de Somme © Michele Gilles-Roux http://micgillesroux.free.fr/

La richesse écologique, paysagère et culturelle de la baie de Somme, sa proximité et sa facilité d'accès depuis la région parisienne et les villes du Nord, ont rendu ce site attractif pour un public amateur d'espaces et de loisirs proches de la nature. Belle revanche pour un site situé sur une côte longtemps délaissée par les grands courants touristiques plus orientés vers les plages de sable fin à fort ensoleillement que vers la découverte et la préservation du milieu naturel ! Epargnée par l'urbanisation intensive, la baie de Somme voit ses handicaps d'hier se transformer en atouts aujourd'hui, qui lui valent de prestigieuses marques internationales de reconnaissance. Elle figure sur la liste des plus belles baies du monde, sur celle des sites Ramsar d'Intérêt International, une zone d'intérêt communautaire pour les oiseaux (ZICO). Elle comprend le site classé du Marquenterres et compte parmi les sites Natura 2000

SOMMAIRE

- une côte sans cesse remaniée
- carte paysages et  milieux

- comblements et réduction de la   surface marine

- intérêt écologique et paysager

- tourisme, économie
- enjeux , évolution
- liens

 

 

 

 

 

 

 

 

Une côte sans cesse remaniée

Le littoral Picard s'étire entre Ault au Sud et le Touquet au Nord. Il y a plus de 3000 ans, il formait un vaste golf englobant les baies de Somme, d' Authies et de Canches, bordant les sites ou sont situés Montreuil, Abbeville, Amiens. C'est qu'ici le niveau de la mer, plus bas à la fin de la dernière glaciation, a amorcé une remontée favorisée par des conditions climatiques plus clémentes pour atteindre le niveau actuel, lequel pourrait encore s'élever du fait du nouveau réchauffement climatique annoncé.

Durant cette période, la côte a connu d'importantes modifications, conduisant entre autres à la séparation des trois baies et les matériaux arrachés aux falaises par la mer, la houle et les courants ont entrepris une œuvre de comblement en édifiant les dunes, en créant des terres marécageuses et en resserrant les estuaires, comme le montre une vue animée produite par l'Université de Picardie …Voir l'animation . Un stock de sable fin formant un delta sous-marin externe s'est établi à l'entrée de la baie de Somme.

Au sud, par l'action obstinée d'un courant marin s'écoulant vers le Nord combiné à l'érosion des falaises normandes a favorisé la formation d'une flèche de galets à l'abri de laquelle des marais se sont constitués. Ce courant agit sur la forme de l'estuaire en attaquant la rive exposée au midi (le musoir) et en édifiant sur l'autre une flèche –le poulier-. Ces évolutions ont entraîné d'importantes modifications du trait de côte. Puis, à l'œuvre de la nature s'est ajoutée celle des hommes, avec la poldérisation, entreprise au cours du XVIIè siècle par la création de digues et réseaux de drainage, permettant à terme une valorisation des terres soustraites à la mer, destinées à l'agriculture. Ces travaux, qui ont pris fin au cours des années 1960-70, ont certes abouti à la conquête de nouvelle terres mais on les accuse aussi de perturber la dynamique des eaux et des sédiments.     

Alluvions fluviales Alluvions fluviales Bas champs, plaine maritime cliquer pour voir l'animation (source : Université de Picardie) Alluvions fluviales Delta sous-marin Mollieres Cordon de galets Hable d'Ault Estran (vases) mollieres Plareau crayeux Dunes Estran Ancien cordon littoral (galets) Ancien cordon littoral mollieres Ancien cordon littoral (galets) Dunes mollieres Marquenterre Plaine Maritime Tourbe Ancien cordon littoral (galets) Tourbe Tourbe Dunes dunes

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Carte "paysages milieux"

(La carte principale simplifiée, s'inspire pour partie de celle de Fernand Verger et Raymond Ghirardi, publiée dans "Marais et Estuaires", éditions Belin. La carte d'évolution de la côte renvoie à l'animation de l'U.Picardie)

 

Pour infos supplémentaires, survoler et cliquer sur les zones des cartes.

 

 

                                 

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Comblements et réduction de la surface marine

La puissance de la dynamique des eaux se manifeste par une hauteur de marée (marnage) de l'ordre de 9m et une force de courants entrants (flot) supérieure à celle des courants sortants (jusant). De ce fait, la dominance marine est la principale cause du piégeage dans la baie de très importantes quantités de sédiments. Les sables provenant du delta sous-marin s'accumulent surtout au nord, tandis qu'au sud et en fond de baie les sédiments sont plus riches en vases.

D'autre part les terres exploitables gagnées sur le domaine marin par poldérisation, auxquelles s'ajoutent celles provenant de la forte sédimentation en fond de baie –cette dernière étant évaluée à environ 70 km2-, contribuent à réduire la surface marine de l'estuaire de la Somme. Ces bouleversements induisent une raréfaction des sites à coquillages, avec une incidence sur le revenu des habitants et entraînent des difficultés d'accès aux ports du Hourdel –qui compte une flottille de pêche dans la baie- et du Crotoy qui ne peut être atteint qu'à marée haute, au prix d'importants travaux d'entretien d'un bassin de rétention dont la vidange à marée basse produit un effet de chasse, salutaire pour ce port. Seul le port de St Valery est moins affecté, grâce au passage canalisé de la Somme qui maintient en état la passe de communication avec la mer.

Vue du Crotoy © Philippe Rubert

Le Crotoy, petit port de pêche et agréable station balnéaire

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Intérêt écologique et paysager

Spatule blanche ©ZHW_JS
Cliquer pour aller au site du Parc Ornithologique du Marquenterre Les marais et vasières des estuaires atlantiques comme celui de la Somme ont pu par le passé rebuter le visiteur, par un aspect jugé peu engageant, mais la prise de conscience de l'intérêt écologique de ces zones humides modifie sensiblement la perception de ces paysages attachants à plus d'un titre. La variété de la faune estuarienne et de l'avifaune, qui compte plus de 300 espèces d'oiseaux nicheurs ou de passage, la diversité des habitats naturels, la présence de certaines espèces emblématiques végétales ou animales, tel le phoque veau-marin, font de l'estuaire de la Somme et ses abords un ensemble naturel et paysager d'une grande valeur qui peut être schématiquement différencié en :

vasières (slikke), mollières (prés salés ou schorre), dunes, anciens cordons littoraux (galets), marquenterre (plaine maritime), bas champs (plaine maritime), marais arrière littoraux, alluvions fluviales.  

source : Philippe HAMAIN, Montgolfières de Picardie ®

Cette vue aérienne montre quelques paysages caractéris-tiques de la Baie de Somme. Du premier plan (le sud sur la carte) à l'arrière-plan (le nord sur la carte, on distingue les Mouillères, aussi appelées prés salés ou shorre, où serpentent de nombreux chenaux. Un peu plus loin, de part et d'autre du chenal d'accès au port du Crotoy, apparaissent des vases -slikkes- dépourvues de couverture végétale. Le Crotoy, enfin, dont on peut distinguer le port sur la droite. A l'arrière plan, on devine la plaine maritime et sur la gauche le littoral Picard.

 

 

 

 

Les vasières – aussi appelées slikkes par les spécialistes - sont des amoncellements de fins sédiments marins et fluviatiles. Elles sont recouvertes à chaque marée. La végétation s'y développe peu mais la productivité biologique y est très importante. L'abondance de micro-organismes, crabes, vers et mollusques y attirent de nombreux oiseaux parmi lesquels l'huîtrier-pie, dont la présence ne fait pas l'unanimité car ce limicole est un grand consommateur de coques –il est chassable en France- et il est accusé de jouer un rôle actif dans l'amenuisement de la ressource. Dans la partie basse des vasières, la présence de certaines algues favorise le piégeage des sédiments . On y trouve également les zostères. La partie haute de la slikke est colonisée par des halophites, telles les salicornes et les spartines qui retiennent la vase dans leurs racines.

Les mollières –appelées aussi schorres, prés salés ou herbus- se forment par élévation du niveau du sol, due aux accumulations successives de sédiments. Généralement séparées de la slikke par une micro falaise, les mollières ne sont recouvertes par la mer que lors des grandes marées. La couverture végétale dense comprend de nombreuses plantes halophytes. Ces prés salés fournissent des paturages de qualité aux troupeaux de mouton de la baie. Leur viande, très recherchée, bénéficie du label prestigieux de mouton d'estran.

Le paysage de mollières, tel qu'on peut le voir sur une photo aérienne, est couvert de nombreux plans d'eau aménagés pour la chasse, sur lesquels se posent de nombreuses espèces de canards.

Si l'ensablement de la baie est un phénomène constaté depuis longtemps, son intensité accélère l'extension des mollières. Peu développées au début du XXème siècle, elles occupent une surface importante de l'estuaire et leur progression ne cesse d'augmenter.

Transect ©ZHW_JS

Les dunes. Leur désignation peut varier selon leur situation, leur exposition aux vents et leur recouvrement végétal. Il peut s'agir de dunes :

Le complexe dunaire du Marquenterre, qui s'étend sur plus de 2000 ha est le plus important du nord de la France. Il bénéficie d'importants moyens de protection, renforcée par des acquisitions du Conservatoire du Littoral, qui en détient 455 ha, gérés par le Syndicat Mixte Aménagement de la Côte Picarde (SMACOPI).

Les anciens cordons littoraux (galets) Situés au Nord du Marquenterre, ces anciens cordons littoraux sont encore visibles dans la plaine ou près de l'ancienne falaise morte.

Marquenterre (plaine maritime) Les marais formés à l'abri des formations de dunes et de galets constituent de part et d'autre de la baie, entre l'ancien et le nouveau littoral, une plaine maritime appelée Marquenterre (mer en terre en est la signification la plus probable) au Nord et Bas-champs au sud.

Marquenterre : « ..un rivage gagné sur la mer, les larges dunes de sable de Fort-Mahon ; une vieille falaise délaissée, qui se devine vers Arry ; entre les deux, la plaine humide du Marquenterre, devenue un riche domaine agricole.. » (Roger Brunet, les beautés de la France, Picardie, Larousse, 1978).

L'aspect du paysage est bocager. Les saules et roseaux qui subsistent autour de parcelles rappelent l'humidité des sols.

Les Bas-champs (plaine maritime)

La marais installés avec la progression du long cordon de galets de silex, qui s'étire jusqu'au Hourdel, sont restés longtemps en communication avec la mer par le Hâble (hâvre) d'Ault, où venaient s'abriter les bateaux. Très tôt la « bonification » de cette terres humides a été entreprise par renclotures successives ou poldérisation, consistant à isoler les terrains de l'action de la mer par l'édification de digues et par un réseau de drainage permettant d'assécher les sols pour permettre les mises en culture –d'où, pense-t-on, le nom de Bas-Champs. Ces zones humides s'étendent jusqu'à la falaise morte. Isolées de la mer elles composent un paysage de prairies et plans d'eau douce à saumâtre.

Les marais arrière littoraux (tourbières)

Ensemble de marais et tourbières aussi appelés marais de Rue, situés au Nord-Est de la baie. Ils s'étendent dans la plaine maritime sur près de 2000 ha et représentent une vaste palette de milieux tourbeux : roselières, tremblants, cariçaies, characées, bas marais alcalins tourbeux. Une trentaine d'espèces végétales protégées y sont représentées et parmi les oiseaux, la cigogne noire et la spatule blanche peuvent y être observées parmi d'autres espèces comme le Gorge bleue à miroir ou le butor étoilé. Ces marais sont mentionnés dans la plupart des mesures de protection intéressant la baie de Somme.

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Tourisme, économie

Randonnée équestre Baie de Somme ©TiboMettre les atouts touristiques au service du développement économique et social, en préservant les milieux naturels est le but recherché par un nombre croissant d'élus et décideurs et à cet égard, la Baie de Somme fait figure de précurseur puisque ces orientations étaient clairement affichées dès les années 1970 et traduites par la création d'une structure chargée de la concrétisation de ce concept assez largement repris aujourd'hui dans les politiques de préservation et d'aménagement.

La qualité des paysages et du milieu naturel exerce en effet une forte attractivité et permet de proposer une large palette d'activités, à commencer par le tourisme balnéaire, surtout localisé dans les stations littorales, de Ault à Fort-Mahon où prédomine un hébergement en meublés et campings, représentant environ 80% de celui du département.

Le tourisme orienté nature-paysage est davantage pratiqué sur le pourtour de la baie, disposant d'un réseau dense de sentiers balisés et pistes cyclables, qui autorisent randonnée pédestre, VTT ou équitation -le cheval Henson est devenu une race homologuée, emblématique de la baie-. Les moyens de découverte ne manquent pas : traversée de la baie en bateau, tour du site en train ancien, survol en ULM ou montgolfière, sans omettre les visites guidées et les lieux d'accueil et d'observation comme le parc ornithologique du Marquenterre et la Maison l'Oiseau. D'autres loisirs sportifs, aussi variés que la planche et le char à voile, le Kayak de mer ou la navigation de plaisance sont également pratiquées.

Bien sûr les activités plus traditionnelles contribuent à l'économie de la baie, comme la pêche en mer, qui compte sur une cinquantaine de bateaux assurant l'approvisionnement en poissons plats, crevettes et civelles. Plus d'une centaine d'emplois est liées à cette activité qui subit cependant une tendance à l'amenuisement de la ressource lié à l'ensablement. La pêche à pied est pratiquée en tant que loisir mais elle procure des revenus à environ 300 pêcheurs autorisés, principalement grâce aux coques, à forte valeur ajoutée. La mytiliculture concerne la production de moules de bouchot, absorbée en grande partie par le marché local. Elle compte une quinzaine d'exploitations.

La chasse joue également un rôle économique important puisque l'on évalue la dépense moyennse par chasseur et par an à environ 1000 euros et que le nombre de chasseurs est évalué à environ 5000, ce qui procure des ressources fiscales non négligeables pour les communes.

L'élevage laitier est très représenté mais les grandes cultures tendent à le remplacer avec une tendance à la diminution des exploitations. En ce qui concerne la brebis de pré salé, une forte demande est observée, émanant surtout des touristes. Ce secteur, conforté par l'obtention d'un label est donc porteur de perspectives de développement, selon les observateurs.

Enfin si l'industrie est quasiment absente, il faut tout de même noter l'exploitation de carrières pour la production de granulats et de galets qui génèrent actuellement plusieurs centaines d'emplois.

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Enjeux, évolution

Après les aménagements hérités du passé, destinés a lutter contre l'ensablement et surtout à gagner de nouvelles terres sur la mer, la baie de Somme a été épargnée par la « bétonnisation ». Cela a représenté un gain en capital-nature mais un manque à gagner pour le développement économique. Ce constat a sans doute fait émerger la volonté de préserver les sites tout en prenant en compte l'aspect économique. C'est en tous cas l'idée qui prévaut lorsque par arrêté ministériel du 17 Juillet 1974 est créé le Syndicat Mixte d'Aménagement de la Côte Picarde, avec pour objectif de « favoriser le développement touristique du littoral Picard et de son arrière-pays, par l'aménagement des espaces, la mise en valeur de ses potentialités et la protection des milieux naturels ». A en juger par l'évolution de la fréquentation, basée sur la perception d'une image « Nature », il semble bien que les objectifs soient atteints. Peut-être au-delà des espérances, puisque l'explosion de la demande immobilière et la flambée des prix constituent de nouveaux défis, auxquels s'ajoutent, côté environnement, l'ensablement de la baie, que l'on dit inexorable, et que les inondations de la Somme et leurs causes supposées ou réelles sont encore présentes dans les esprits. Face à ces interrogations, on évoque une nécessaire « dépoldérisation » voire une « re-estuarisation » à travers un certain nombre d'aménagements en cours d'élaboration ou de réalisation.

De nouveaux projets voient le jour, comme l'Opération Grand Site , dont le but sera de :

On note également la mise en place d'un Observatoire Côte d'Albâtre-Côte Picarde (convention constitutive approuvée par Arrêté du 11 Février 2005) . Son objet est de :

Les membres de l'Observatoire sont les CR de Haute Normandie et de Picardie, les CG de la Somme et de la Seine Maritime, le SMACOPI, les Communautés d'agglomérations du Havre et de Gros Jacques, les Professionnels, Usagers et Associations.

Il semble donc que l'intérêt porté à la Baie de Somme et au littoral Picard ne pourra que s'en trouver renforcé, d'autant que d'autres idées sont dans l'air, comme la création éventuelle d'un Parc Naturel Régional. Ces efforts convergents, s'ils conduisent aux résultats espérés vaudront à la Baie de Somme d'être considérée encore longtemps comme étant l'une des plus belles du monde.

 

Sites de référence pour cette page

Liens utiles

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Baie de Somme vivante, (SMACOPI) Picardie-Nature (voir les phoques de la Baie, entre une multitude de sujets)
Parc ornithologique du Marquenterre Festival de l'oiseau
Université Picardie Voyages Tourisme
Nord-Nature (inondations de la Somme) Comité du Tourisme de la Somme
Montgolfières de Picardie® Photos de Tibo

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Remerciements à celles et ceux qui ont participé à des titres divers à la réalisation de cette page  

 

 


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